Deux mains tendues se rapprochant symbolisant la connexion thérapeutique
Publié le 15 mars 2024

Le succès d’une thérapie ne dépend pas tant du CV du psy que de votre capacité à devenir un partenaire actif dans la relation de soin.

  • Une bonne alliance se teste activement : vous devez pouvoir exprimer un désaccord sans crainte d’être jugé.
  • Le cadre (horaires, contact) n’est pas une contrainte, mais un espace sécurisant que vous co-construisez avec le professionnel.
  • Même les moments difficiles, comme avouer un mensonge, sont des opportunités pour renforcer la relation si elle est saine.

Recommandation : Utilisez chaque séance, non comme une simple consultation, mais comme un laboratoire pour tester, ajuster et bâtir la confiance nécessaire à votre guérison.

Lancer une thérapie ou y retourner après une mauvaise expérience est une démarche empreinte de doutes. On espère trouver la bonne personne, celle qui saura écouter sans juger, comprendre sans banaliser. Beaucoup se fient aux conseils classiques : vérifier les diplômes, se renseigner sur les approches théoriques (TCC, psychanalyse…), comparer les tarifs. Ces critères sont nécessaires, mais terriblement insuffisants. Ils ne disent rien de la qualité humaine de la rencontre, cet ingrédient essentiel que l’on nomme l’alliance thérapeutique.

Combien de suivis s’épuisent dans le silence, marqués par un sentiment de stagnation, de non-dits ou de jugement subtil ? Le patient, en position de vulnérabilité, ose rarement remettre en question le professionnel. Il attend passivement que la magie opère, et quand elle ne vient pas, il s’en va, déçu, en pensant que « les psys, ce n’est pas pour lui ». Cette vision est un piège qui entretient la souffrance.

Et si la véritable clé n’était pas de trouver passivement le thérapeute parfait, mais d’apprendre à construire activement une relation de travail solide avec un professionnel compétent ? L’idée fondamentale de ce guide est de vous redonner le pouvoir. Une thérapie n’est pas un service que l’on consomme, c’est un laboratoire relationnel. Votre rôle n’est pas seulement de parler, mais aussi de ressentir, de questionner, de confronter et de co-construire le cadre qui vous permettra de guérir. Vous n’êtes pas un simple patient, vous êtes l’acteur principal de votre changement.

Cet article va vous fournir des indicateurs concrets et des stratégies pour évaluer, nourrir et, si nécessaire, recadrer votre relation thérapeutique. Nous explorerons ensemble comment transformer cet espace de parole en un véritable levier de guérison, en vous donnant les moyens d’agir plutôt que de subir.

Se sentir écouté ou jugé : les indicateurs qui prouvent que vous êtes avec le bon professionnel

La sensation d’être « en confiance » est le pilier de toute thérapie. Mais ce sentiment est subjectif et peut être trompeur. Plutôt que de vous fier à une impression générale, il est crucial de vous appuyer sur des signaux concrets. Le bon thérapeute ne se contente pas d’acquiescer ; il manifeste une écoute active. Cela se voit dans sa posture (légèrement penché vers vous, regard attentif), ses reformulations (il vérifie qu’il a bien compris votre pensée) et ses questions, qui cherchent à approfondir plutôt qu’à diriger. A contrario, un professionnel qui regarde sa montre, vous coupe la parole ou plaque ses propres interprétations sans explorer les vôtres crée un climat de jugement.

L’enjeu est de taille. Une alliance thérapeutique fragile ou rompue n’est pas un simple inconfort. Les recherches de Safran et Muran sur le sujet sont claires : les ruptures de soins non résolues sont corrélées à un taux de rechute approchant les 50% dans les deux ans. Votre ressenti n’est donc pas un caprice, mais un indicateur pronostique majeur pour votre guérison. Vous avez le droit, et même le devoir, de tester la solidité de cette écoute.

Thérapeute en posture d'écoute active avec patient

Comme le montre cette image, l’écoute est avant tout un engagement non verbal. Le véritable test consiste à observer la réaction du thérapeute lorsque vous exprimez une nuance, un doute ou un léger désaccord. Est-il curieux ou défensif ? Un professionnel sécurisant accueillera votre feedback comme une information précieuse, pas comme une attaque personnelle. C’est dans ces micro-interactions que se révèle la qualité de l’alliance. Il ne s’agit pas de chercher un ami qui est toujours d’accord avec vous, mais un allié qui vous respecte suffisamment pour accueillir votre vérité, même quand elle est inconfortable.

Oser dire « ça ne va pas » à son psy : comment recadrer la thérapie sans tout arrêter ?

Le moment où l’on sent que la thérapie patine ou qu’une remarque du psy nous a blessé est un carrefour critique. La réaction la plus courante est le silence. Par peur de la confrontation, de vexer, ou de passer pour un « mauvais patient », on garde pour soi son mécontentement. C’est une erreur fondamentale. Une thérapie efficace n’est pas une conversation à sens unique, mais un laboratoire relationnel. C’est précisément l’endroit où vous pouvez apprendre à exprimer un désaccord de manière constructive, une compétence qui vous sera utile dans toutes les sphères de votre vie.

La séance comme laboratoire relationnel pour s’affirmer

L’approche collaborative, notamment en Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC), est très claire sur ce point. Le patient et le thérapeute sont considérés comme des partenaires travaillant ensemble pour résoudre un problème. Ce climat de partenariat explicite est le pilier de l’efficacité thérapeutique. Oser dire « J’ai l’impression que nous tournons en rond sur ce point » ou « Ce que vous avez dit la semaine dernière m’a mis mal à l’aise » n’est pas un acte de défiance, mais un acte de co-construction. Cela permet au thérapeute d’ajuster son approche et renforce l’alliance en la rendant plus authentique.

Un bon professionnel ne sera pas déstabilisé par votre feedback. Au contraire, il l’encouragera. Il sait que la relation thérapeutique est le principal moteur du changement. Une sollicitation ouverte au feedback est un excellent signe de la compétence d’un thérapeute.

N’hésitez pas à me dire si quelque chose vous met mal à l’aise dans nos échanges, votre avis m’importe pour que nous avancions au mieux ensemble.

– Exemple de sollicitation de feedback par le thérapeute, La Psychologie Positive – L’alliance thérapeutique

Aborder le sujet est simple, mais pas facile. Utilisez des formulations en « je » : « Je me sens confus » plutôt que « Vous n’êtes pas clair ». L’objectif n’est pas d’accuser, mais de partager votre expérience. La réaction du thérapeute à cette ouverture sera le meilleur indicateur de la santé de votre relation thérapeutique. S’il se justifie ou minimise votre ressenti, c’est un signal d’alarme. S’il explore avec vous ce qui s’est passé, il prouve que cet espace est véritablement sécurisé.

SMS le week-end ou tutoiement : pourquoi des frontières claires protègent-elles votre guérison ?

La question des limites dans une thérapie est souvent mal comprise. Faut-il tutoyer son psy ? Peut-on lui envoyer un SMS en cas de crise le dimanche soir ? Ces questions ne sont pas anecdotiques. Elles touchent au cœur de ce qui rend une thérapie efficace : le cadre thérapeutique. Loin d’être une série de règles rigides et arbitraires, le cadre est un « contenant » symbolique et sécurisant. Il délimite un espace-temps où tout peut être dit et exploré, précisément parce que le reste du temps, la relation n’existe pas. Cette frontière protège à la fois le patient et le professionnel.

Un thérapeute qui répond à des SMS à 23h ou qui raconte sa propre vie peut sembler « sympathique » et « proche ». En réalité, il brouille les pistes et affaiblit le processus. La relation thérapeutique n’est pas une amitié. Sa puissance vient justement de sa nature asymétrique et délimitée. Le tutoiement, par exemple, peut être pertinent dans certaines approches, mais il doit être une décision thérapeutique réfléchie et non une familiarité spontanée. Dès les premières séances, il est sain de clarifier ces points : comment se gèrent les urgences ? Quelle est la politique sur les contacts entre les séances ? Comment annuler un rendez-vous ?

Espace thérapeutique délimité symboliquement

Le cadre est ce qui garantit que l’espace reste dédié à votre processus interne. Le thérapeute est le garant de ce dispositif. En posant des limites claires et respectueuses (par exemple, en ne répondant pas à un e-mail le week-end mais en y revenant en début de séance), le professionnel ne vous rejette pas. Au contraire, il protège l’espace de travail et vous enseigne implicitement à poser vos propres limites. Une alliance forte ne signifie pas une absence de règles, mais un accord mutuel sur des règles qui servent la guérison.

Mentir à son psy sur sa consommation : pourquoi sabotez-vous votre propre argent et temps ?

Avouer que l’on a menti à son psy est l’une des choses les plus difficiles à faire. Qu’il s’agisse de minimiser sa consommation d’alcool, de cacher une rechute ou d’omettre une information jugée « honteuse », le mensonge en thérapie est fréquent. La première réaction est la culpabilité. On se dit qu’on « sabote » le travail, qu’on gaspille son argent et le temps du professionnel. Si cette observation est factuellement juste, elle rate l’essentiel. Le mensonge n’est que très rarement une tentative de manipulation malveillante. C’est le plus souvent un mécanisme de défense, un « sabotage protecteur » qui signale une peur immense : la peur d’être jugé, rejeté ou de ne pas être à la hauteur.

Accorder sa confiance à son thérapeute s’apprend et se fait progressivement. C’est normal, puisque ce n’est pas évident d’étaler sa vie à un étranger. Le patient aura du mal à se dévoiler devant cet inconnu même s’il sait qu’il en a besoin. La confiance ne s’instaure pas encore et le processus thérapeutique n’est pas prêt à démarrer.

Mon Psychanalyste

Ce témoignage le souligne bien : la confiance n’est pas un prérequis, c’est le résultat d’un processus. Mentir, ou plutôt ne pas tout dire, peut être une façon inconsciente de tester la solidité du thérapeute. « Sera-t-il capable d’entendre ça sans me lâcher ? », « Son écoute est-elle vraiment inconditionnelle ? ». Voir le mensonge sous cet angle le dédramatise. Il n’est plus une faute morale, mais une information précieuse sur votre propre fonctionnement et sur l’état de l’alliance thérapeutique. L’enjeu n’est donc pas de ne « jamais mentir », mais d’arriver à un stade de confiance où vous pouvez parler du mensonge lui-même.

Votre plan d’action pour avouer un mensonge en thérapie

  1. Reconnaître pour soi-même que le mensonge protège une part vulnérable et importante de vous.
  2. Choisir un moment en début de séance, où le temps est disponible, pour aborder le sujet calmement.
  3. Utiliser une phrase d’ouverture simple : « Il y a quelque chose sur lequel je n’ai pas été entièrement honnête avec vous. »
  4. Exprimer votre peur sous-jacente : « J’ai eu peur de votre réaction / de vous décevoir, mais je sens que je dois vous en parler pour avancer. »
  5. Observer attentivement comment le thérapeute accueille cette vulnérabilité : avec curiosité et empathie, ou avec reproche ?

Quand et comment arrêter de voir son psy sans risquer la rechute ?

Toute bonne thérapie a une fin. Mais comment savoir que le bon moment est arrivé ? Et comment conclure ce chapitre sans gâcher les bénéfices acquis et sans risquer une rechute ? La question de la durée d’une thérapie est complexe. Il n’y a pas de réponse unique, car elle dépend entièrement des objectifs fixés au départ. C’est là que réside la première clé : une thérapie bien menée est une thérapie orientée vers des objectifs définis par le patient. Si vous ne savez pas vers quoi vous avancez, vous ne saurez jamais quand vous êtes arrivé. Le travail du thérapeute est de vous aider à formuler ces objectifs : « Comment saurez-vous que la thérapie a fonctionné ? », « Qu’est-ce qui sera différent dans votre vie ? ».

La fin d’une thérapie se prépare. Elle est rarement une rupture brutale. Le plus souvent, il s’agit d’un « phasing out » progressif : les séances s’espacent (tous les 15 jours, puis une fois par mois…), permettant au patient de tester son autonomie tout en gardant un filet de sécurité. Les signaux indiquant que la fin approche sont clairs : vous arrivez en séance sans « problème » urgent à déposer, vous utilisez spontanément les outils appris, et vous avez le sentiment d’être devenu votre propre thérapeute au quotidien. La thérapie n’est plus une béquille, mais une boîte à outils que vous avez intériorisée.

Le plus grand risque à l’arrêt est la rechute. C’est pourquoi la dernière phase du travail consiste souvent à élaborer un plan de prévention de la rechute. Il ne s’agit pas d’un document formel, mais d’une discussion honnête sur l’avenir. Le but est de vous rendre autonome dans la gestion de votre bien-être. Ce plan inclut généralement plusieurs points :

  1. Lister les 3 principaux déclencheurs de vos difficultés identifiés durant la thérapie.
  2. Noter les 3 ou 4 stratégies les plus efficaces que vous avez apprises pour y faire face.
  3. Identifier clairement votre réseau de soutien (amis, famille, groupes) avec les contacts utiles.
  4. Définir les signes d’alerte personnels qui pourraient indiquer la nécessité d’une aide ponctuelle.
  5. Planifier une séance de « maintenance » optionnelle dans 3 ou 6 mois, pour faire le point.

Arrêter sa thérapie n’est pas un adieu, mais la validation d’un travail accompli. C’est une transition vers l’autonomie, préparée et sécurisée avec le professionnel qui vous a accompagné.

Médecin, psy, assistante sociale : pourquoi faut-il voir 3 personnes avant de commencer le traitement ?

Face à une problématique de santé mentale, notamment liée à une addiction, l’idée de devoir multiplier les interlocuteurs peut sembler décourageante. On voudrait une solution simple et un seul référent. Pourtant, l’approche pluridisciplinaire est la stratégie la plus robuste et la plus efficace. Penser qu’un seul professionnel peut tout régler est une illusion. L’être humain est une entité complexe, et ses difficultés ont des racines biologiques, psychologiques et sociales. Ignorer l’une de ces dimensions, c’est prendre le risque de voir l’édifice s’écrouler.

Chaque professionnel apporte une expertise spécifique et complémentaire, agissant sur un levier différent. Le psychiatre est un médecin ; son rôle est de poser un diagnostic, d’évaluer la dimension biologique du trouble et de prescrire un traitement médicamenteux si nécessaire. Le psychologue ou thérapeute, lui, ne prescrit pas de médicaments. Son travail se concentre sur les schémas de pensée, les émotions et les comportements. L’assistante sociale, enfin, s’occupe de l’environnement : logement, travail, droits, ressources. Elle s’assure que les conditions matérielles et sociales sont réunies pour que le patient puisse s’engager sereinement dans un soin.

Ces trois rôles peuvent être vus comme les piliers d’une même équipe, chacun avec une fonction stratégique précise.

Les trois piliers de l’équipe pluridisciplinaire en santé mentale
Professionnel Rôle principal Focus d’intervention Complémentarité
Médecin/Psychiatre Directeur Technique Corps et médication Gère les aspects biologiques et pharmacologiques
Psychologue/Thérapeute Directeur Stratégique Esprit et émotions Travaille sur les schémas cognitifs et comportementaux
Assistante sociale Directrice des Opérations Environnement social Optimise les conditions de vie et ressources

Loin de compliquer le parcours, cette approche coordonnée le sécurise. Elle assure une prise en charge globale et évite que des aspects cruciaux ne soient négligés. L’important est que ces professionnels communiquent entre eux (avec votre accord), pour former une véritable équipe de soin unie autour de vos objectifs.

Pourquoi même les médecins jugent-ils les toxicomanes et comment cela nuit-il aux soins ?

C’est un tabou et une réalité douloureuse : le jugement du corps médical envers les personnes souffrant d’addiction est un obstacle majeur à l’accès et à la continuité des soins. Les chiffres sont alarmants : près de la moitié des personnes présentant un premier épisode psychotique (souvent lié à l’usage de substances) cessent leur traitement dans les six premiers mois. Le sentiment d’être jugé ou incompris y est pour beaucoup. Ce jugement n’est pas forcément une malveillance consciente. Il peut être le fruit de préjugés sociaux, d’un manque de formation spécifique à l’addictologie, ou d’un sentiment d’impuissance du soignant face à la complexité de la maladie.

Ce phénomène, où les propres émotions et représentations du soignant interfèrent avec la relation, s’appelle le contre-transfert. Un médecin qui voit l’addiction comme un « manque de volonté » plutôt que comme une maladie chronique du cerveau aura du mal à établir une alliance thérapeutique solide. Il peut adopter une attitude moralisatrice, distante ou même infantilisante, ce qui ne fait que renforcer la honte et l’isolement du patient, et le pousse à fuir le système de soin.

Moment de compréhension mutuelle entre soignant et patient

Face à un soignant perçu comme jugeant, le patient a le droit de se protéger et d’agir. Il n’est pas condamné à subir. La communication non-violente est un outil puissant pour tenter de recadrer la relation. Plutôt que d’accuser (« Vous me jugez »), il est plus efficace de parler de son propre ressenti (« Quand j’entends cela, je me sens découragé et incompris »). Il est également utile de recadrer le dialogue en termes médicaux, en parlant de « trouble de l’usage de substances », ce qui rappelle la nature pathologique et non morale du problème. Enfin, exprimer clairement ses besoins (« Pour avancer, j’ai besoin de sentir que nous sommes une équipe ») peut parfois suffire à transformer la dynamique.

À retenir

  • L’alliance thérapeutique n’est pas un état passif, mais une construction active où le patient a le pouvoir de tester, questionner et donner son feedback.
  • Le cadre (limites, horaires, honoraires) n’est pas une contrainte administrative, mais un outil thérapeutique qui protège la relation et favorise la sécurité.
  • La guérison durable implique de passer d’une identité de « patient » centrée sur le trouble à une identité nouvelle, construite autour de valeurs et d’activités porteuses de sens.

Comment construire une vie où la drogue n’a plus sa place pour éviter la rechute à long terme ?

La fin de la thérapie ou la stabilisation d’une consommation ne sont pas la destination finale. Elles marquent le début d’un nouveau chapitre : la construction d’une vie qui a suffisamment de sens, de plaisir et de connexion pour que la drogue n’y ait plus sa place. L’erreur serait de penser que l’abstinence seule est un projet de vie. L’objectif n’est pas seulement d’arrêter quelque chose, mais de commencer autre chose. C’est un changement d’identité fondamental : passer de « patient » ou « toxico » à une personne définie par ses passions, ses relations, ses projets.

La thérapie est un immense soutien dans ce processus. Des études montrent que l’expérience est largement positive et bénéfique. Pour 92% des personnes qui consultent régulièrement, la thérapie apporte un réel bénéfice, leur donnant les outils pour initier ce changement de vie. Ce processus de reconstruction s’articule souvent autour de l’identification et de l’incarnation de ses valeurs fondamentales. Une valeur n’est pas un objectif à atteindre (comme « être heureux »), mais une direction que l’on choisit de suivre au quotidien (comme « la créativité », « la connexion », « la liberté »).

L’exercice pratique consiste à traduire ces valeurs abstraites en actions concrètes. Si votre valeur est la « créativité », l’action peut être de vous inscrire à un cours de poterie. Si c’est la « connexion », cela peut signifier de rejoindre une association locale ou un club de sport. Ces nouvelles activités remplissent plusieurs fonctions vitales : elles structurent le temps, génèrent du plaisir sain (libération de dopamine naturelle), créent un nouveau cercle social non lié à la consommation, et surtout, elles forgent une nouvelle identité positive. Chaque petite victoire dans ces domaines renforce l’estime de soi et diminue l’attrait du produit comme unique source de soulagement ou de plaisir.

Construire une vie satisfaisante est le rempart le plus efficace contre la rechute. C’est un travail progressif, fait de petits pas, où chaque nouvelle expérience positive vient consolider les fondations d’un avenir libéré de l’addiction.

Pour mettre en pratique ces conseils et évaluer objectivement votre situation, l’étape suivante consiste à vous faire accompagner par des professionnels qui comprennent ces dynamiques et placent l’alliance au cœur de leur pratique.

Rédigé par Claire Bresson, Psychiatre addictologue en centre hospitalier, Claire soigne les comorbidités psychiatriques et accompagne le sevrage depuis 20 ans. Elle est spécialiste des thérapies cognitivo-comportementales (TCC).